Bouger pour aller mieux

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Sports et loisirs

Bouger pour aller mieux

Atteint de polyarthrite rhumatoïde depuis l’âge de 20 ans, le Lensard Jérôme Bétrisey a retrouvé la joie de vivre grâce au sport. À travers son témoignage, ce féru de courses de montagne veut donner de l’espoir aux personnes malades.

 

« Je n’ai rien dit pendant trente ans. Mais maintenant, je parle ! Parce que j’ai découvert que mon témoignage pouvait servir à d’autres. » La polyarthrite rhumatoïde ne se voit pas. Elle attaque les articulations en silence, provoquant des douleurs continues, crise après crise. Chez Jérôme Bétrisey, elle s’est déclarée à l’âge de 20 ans, alors qu’il faisait partie des espoirs du FC Sion. Sa carrière sportive s’arrête net, ainsi que son travail de maçon. Il serre les dents, change de métier, se marie et s’efforce d’être un père le plus actif possible pour ses trois enfants.

Lorsqu’il a 45 ans, son médecin lui conseille de perdre du poids et de se muscler afin de soulager ses articulations. Dans la foulée, un nouveau traitement lui est proposé, qui stoppe les crises inflammatoires et les douleurs. Sa vie change du tout au tout. L’ancien sportif retrouve la gnaque. « Comme j’ai l’esprit de compétition, je me suis lancé des défis. » Il commence par la petite Patrouille des Glaciers avec un ami. Puis enchaîne d’autres courses de ski-alpinisme, qui rythment désormais son agenda hivernal : le Défi des Faverges, la Patrouille de la Maya, les Aiguilles Rouges.

UNE RESSOURCE ET UN EXUTOIRE

En automne, il ne raterait pour rien au monde l’Ascension du Christ-Roi (lire aussi notre article), dont il est un fidèle de la première heure.

Il a aussi entraîné ses enfants dans l’aventure du Trail des Patrouilleurs « pour leur donner le goût de la montagne ». On en oublierait presque que le Lensard n’est pas un sportif comme un autre… « Je verse toujours une petite larme d’émotion au départ et à l’arrivée. C’est tellement magnifique de participer à ces courses ! » Dans son cas, c’est la maladie qui dicte le choix des compétitions, selon un seul critère : « Est-ce bon pour moi ? » Les descentes trop abruptes ou les courses trop roulantes sont exclues. Il a ainsi dû renoncer au Wildstrubel by UTMB cette année, après avoir consulté son médecin.

Comme j’ai l’esprit de compétition, je me suis lancé des défis »

Plus que l’attrait du dossard, c’est le plaisir de s’entraîner dans la région qui lui donne des ailes. Trois à quatre fois par semaine, en adaptant l’effort à la forme du jour. Son tour favori passe par le Trubelstock, un sommet qu’il a même fait tatouer sur son avant-bras. « Ces sorties dans la nature me ressourcent et me servent d’exutoire. » Bon pour le corps, le sport l’est aussi pour la tête. Jérôme Bétrisey en est convaincu et veut redonner espoir aux personnes découragées par la maladie. Il prépare d’ailleurs un projet d’atelier sportif pour l’Association suisse des polyarthritiques. « Quand on a mal, l’immobilité ne soulage pas. Mais une petite activité physique peut faire une grosse différence ! Il ne faut pas baisser les bras. »

Légende photo: Jérôme Bétrisey, tout sourire en plein effort, lors du Trail des Patrouilleurs en 2019. ©Luciano Miglionico

 

 



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