Adeptes du ballon rond à la fête
Adeptes du ballon rond à la fête
Les footballeurs de tous horizons apprécient Crans-Montana qui le leur rend bien en organisant camps d’entraînement et rencontres amicales durant tout l’été. Autant de rendez-vous donnant lieu à de beaux échanges à l’image du match de gala réunissant le FC Sion et le Servette FC pour les 75 ans du FC Lens.
À la tête de Crans-Montana Football Camps, Walter Loser jongle avec le planning pour accueillir des équipes de foot, professionnelles ou amateures, masculines ou féminines, qui viennent s’entraîner sur le Haut-Plateau tout au long de l’été depuis 2010. En juin et en juillet, ce sont surtout les clubs phares helvétiques de Super League et ceux provenant de l’étranger qui mobilisent son énergie. En août, ce sont davantage les amateurs et les juniors qui foulent les pelouses de la région. Au fil des ans, Walter Loser a professionnalisé le fonctionnement de son association en raison des exigences toujours plus élevées des formations.
Qu’elles soient ou non expérimentées, ces dernières profitent d’un cadre idéal pour des stages de préparation en altitude. « Nous leur mettons à disposition des stades aux normes de la FIFA, ainsi que des lits hôteliers en suffisance, relève le patron de Crans-Montana Football Camps. En 2021, quinze camps ont été organisés et un nombre similaire sera atteint cette année. Cela génère des retombées économiques estimées à 1,5 million de francs et 5000 nuitées dans toutes les catégories d’hôtels. »
En plus de constituer une vitrine promotionnelle, la participation d’équipes de renom présente un autre avantage : celui de créer des liens entre les supporters et la destination. C’est dans cette optique que l’Association des communes de Crans-Montana et Crans-Montana Tourisme & Congrès ont conclu des partenariats avec le FC Bâle, le Servette FC, le FC Sion et dernièrement le FC Grasshoppers.
UN FUTUR PROMETTEUR
Autre rendez-vous sportif ayant suscité de fructueux échanges en altitude, celui organisé le 25 juin dernier au stade du Christ-Roi. Le FC Lens y célébrait ses 75 ans. À cette occasion, le FC Sion et le Servette FC – des habitués de la destination – ont disputé un match de gala, remporté 2 à 1 par les Grenat devant 500 spectateurs enthousiastes. « Plus qu’un club, nous sommes une véritable famille. Nos membres sont toujours présents lors des grandes occasions ou lorsqu’on a besoin d’aide », se félicite Martial Aymon, président du club lensard.
Ce soutien est particulièrement apprécié, car le FC Lens est l’un des rares à posséder son propre terrain, ce qui représente une lourde charge pour son budget. Cet anniversaire et les festivités qui ont suivi ont permis d’engendrer quelques recettes bienvenues. Le président affiche son optimisme quant à l’avenir : « Deux anciens joueurs entraînent la première équipe et la font énormément progresser et les spectateurs nous suivent avec plaisir. En plus, nous avons un mouvement junior vraiment prometteur. »
Légende photo : Les festivités, qui ont suivi le match amical réunissant les joueurs du FC Sion et du Servette FC pour les 75 ans du FC Lens, ont fait vibrer le stade du Christ-Roi et les passionnés de football, tels que Martial Aymon et Aristide Bagnoud. ©DR
Pilier du club de football lensard, René-Claude Emery a collecté les épisodes les plus marquants des 75 ans d’existence de la formation qu’il a présidée de 1990 à 1998.
« L’aventure a débuté un peu avant 1947. Quelques amis de Lens avaient l’habitude de jouer au football sur le golf de Crans-Montana, entre les atterrissages des avions et les parties de golf ». Suite à l’achat de plusieurs parcelles à Lens, le club a pu être créé : « Ce terrain a été âprement négocié, car le propriétaire ne voulait pas le céder. Pour ne rien arranger, il n’était pas très plat. Il a fallu énormément le remblayer, au pic, à la pelle et avec des petits wagonnets. »
René-Claude Emery, pilier du club et président de 1990 à 1998, a intégré l’équipe junior alors qu’il avait tout juste dix ans. Il a lui-même vécu d’innombrables bons moments au sein de son club et se souvient particulièrement de certains matchs joués contre des équipes Haut-Valaisannes : « Ils avaient des joueurs bâtis comme des armoires à glace, qui frappaient plus souvent les tibias que le ballon. C’était une autre époque. Nous avions trois ou quatre excellents joueurs, mais le reste de l’équipe n’avait pas le niveau. On venait surtout pour l’ambiance, quand tout le village s’attardait aux cantines après les matchs. Cette période nous a soudés pour la vie ».

René-Claude Emery © DR