Comment partager le Paradis
Comment partager le Paradis
La région de Crans-Montana possède des atouts, accessibles à tous les budgets, pour dérouler un tapis rouge vers notre Éden alpin. Deux femmes, deux approches très complémentaires dans l’art de recevoir les hôtes, livrent un aperçu de la richesse de cette offre.
Sur le Haut-Plateau, l’offre hôtelière possède une variété certaine dans ses déclinaisons. Pour se convaincre du potentiel de lits, il suffit de consulter le site Internet de Crans-Montana Tourisme & Congrès. Sous l’onglet « hébergement », vous trouverez un « annuaire de logements » qui se décline en onze catégories. Les hôtels sont encore répartis en quatre classifications : économique, confort, first class et luxe. Au total, les hôtes de Crans-Montana découvrent plus d’une soixantaine de façons de dormir sur place ! Des chambres d’hôtes en passant par l’Auberge de Jeunesse ou le camping, puis les diverses étoiles des hôtels, il y a des oreillers à portée de toutes les bourses.
Pour répondre au plus près à l’évolution de la clientèle, certains bâtiments s’offrent une cure de jouvence. Fermé depuis 2014, l’Hôtel Aïda-Castel passe ainsi par d’importants travaux durant cet été 2020. Table rase est faite des 62 chambres d’antan dont l’espace se mue en 17 suites. Les lieux ont une forte symbolique pour les propriétaires : la famille Bestenheider. « Il s’agit du premier hôtel qui a été acheté par mon père quand il était âgé d’une vingtaine d’années, révèle Séverine, une des quatre filles d’Armand Bestenheider. Nous avons toutes été élevées là. Par la suite, c’est ma sœur Stéphanie qui en avait pris la gérance avec mes parents. À présent, Stéphanie s’occupe du restaurant Gerber et je prends le relais ». L’Aïda renaîtra en décembre prochain et convoitera une clientèle de « couples ». Il affichera un 5 étoiles, visera aussi le label Relais et Châteaux, soutenu par une cuisine bio avec Franck Reynaud aux fourneaux.
PARI UN PEU FOU
Il n’échappera pas aux habitués et connaisseurs de la région que Séverine Bestenheider et son mari Franck Reynaud s’occupent déjà depuis 25 ans de l’Hostellerie du Pas de l’Ours. Même si on ne change jamais une équipe qui gagne, se seraient-ils aussi clonés pour gérer les deux établissements ? « C’est vrai qu’il s’agit d’un pari un petit peu fou, s’amuse Séverine. Mais L’Aïda aura comme directeur quelqu’un de proche, qui pense comme nous et qui a les mêmes objectifs. Nous avons appris à déléguer et à être bien entourés. »
Le Pas de l’Ours demeure donc sa base – et aussi celle de Franck Reynaud qui assure toujours la cuisine de l’Hostellerie – un lieu qu’elle a pu choisir, poursuivant une tradition familiale. « Mes grands-parents, puis mes parents étaient déjà dans le domaine, mais personne ne m’a obligée à reprendre cet hôtel. Je l’ai choisi ! Mes parents ont laissé mûrir cette décision… » La pandémie n’a en aucune façon affecté l’enthousiasme que Séverine porte à son métier. « Je mets un point d’honneur à faire les choses avec le cœur, tout vient de là pour aimer ce que l’on fait. »
OUVRIR LES MONTAGNES
De l’exemple de tradition familiale hôtelière, glissons vers l’accompagnement des hôtes lors de leur séjour avec Beeheidi. Basée à Loc, la jeune start-up imagine des expériences uniques en trails, des excursions adaptées à la clientèle, des découvertes alpines passionnées.
Sa fondatrice Sandra Rouiller, petite-fille d’alpiniste, cueille sa clientèle au sortir des hôtels pour lui faire savourer la région autrement. « Il nous faut ouvrir nos montagnes et partager le paradis que nous avons ici ! », s’enthousiasme-t-elle. Une telle mission, cela responsabilise. « Je me suis demandé : “ Et si je me cassais la cheville ? ”, ce qui a bien sûr fini par arriver. Il me fallait recruter trente “ bouquetins ”, les surnoms que je donne aux bons coureurs dans chaque région du Valais. J’ai passé une annonce et les réponses que j’ai reçues m’ont sidérée : j’avais un sacré panel de champions pour m’épauler ! »
Au printemps dernier, Beeheidi prospecte et obtient ses premiers retours. « J’ai une équipe de foot qui souhaite une initiation trail plutôt que de courir autour d’un terrain, ils iront avec celle de mes de coureurs pendant que je m’occuperai de montrer la région. » Prudente, Sandra Rouiller a testé ses offres sur des connaissances. Et ? « J’ai eu un feedback démentiel ! », dit-elle, épanouie par son défi relevé en pleine période de pandémie ! Séverine Bestenheider adhère aux propos de Sandra Rouiller concernant l’Éden valaisan. « Oui, ce paradis, il faut savoir le partager ! Nous avons tellement de choses et c’est à nous de les proposer judicieusement. »
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Séverine Bestenheider, le défi de gérer dès décembre 2020 l’Hostellerie du Pas de l’Ours et l’Hôtel Aïda rénové.
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L’Hôtel Bella Lui est devenu depuis juin 2017 une Auberge de Jeunesse avec 37 chambres doubles et 147 lits. De quoi encore accroître l’accessibilité du Haut-Plateau à toutes les bourses.
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Sandra Rouiller, une nouvelle offre de trails avec Beeheidi qui attend les hôtes à la sortie de l’hôtel.
Légende photo : La destination possède une diversité souvent méconnue de types d’hébergement et d’activités de loisirs capables de séduire voyageurs solitaires, couples et familles. © Luciano Miglionico
SAISON D’ÉTÉ : DES SIGNES POSITIFS
Dans un entretien vidéo réalisé en juin, Bruno Huggler rappelait l’importance de rester optimistes en dépit de la situation actuelle compliquée. Les efforts menés par Crans-Montana Tourisme & Congrès portent leurs fruits. À mi-juillet, les touristes étaient au rendez-vous. Sans grande surprise, la majorité d’entre eux provenaient de Suisse et des pays limitrophes et privilégiaient les réservations last minute. Si le directeur de CMTC ne cache pas que 2020 n’atteindra pas le firmament des saisons estivales, il se félicite des premiers retours positifs.
En plus des habitués, de nouveaux clients ont choisi Crans-Montana, attirés par la beauté des paysages alpins, le climat agréable et la diversité des activités. « Nous n’avons pas encore de chiffres, mais leur présence se vérifie dans nos bureaux d’information où ils viennent se renseigner sur nos offres ». Bruno Huggler relève aussi l’utilisation active de la carte avantages My Explorer Card réservée aux propriétaires de résidences secondaires et aux hôtes s’acquittant de la taxe de séjour. Sylvie Chevalier
Pour L'INFO, Bruno Huggler, directeur de Crans-Montana Tourisme & Congrès, revient sur la période de semi-confinement qui a touché la station de Crans-Montana
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Séverine Bestenheider : «Un pari un peu fou»
Fin 2020, Séverine Bestenheider et son époux Franck Reynaud, tiendront les rênes de deux établissements. À l’Hostellerie du Pas de l’Ours, dont ils s’occupent depuis 25 ans, s’ajoutera l’Hôtel Aïda.
Pour répondre au plus près à l’évolution de la clientèle, certains bâtiments de Crans-Montana s’offrent une attendue cure de jouvence. Fermé depuis 2014, l’Hôtel Aïda passe par d’importants travaux depuis quelques années et renaîtra en décembre 2020. L’établissement s’orientera vers une clientèle de «couple». Il affichera un 5 étoiles tout en visant le label Relais et Châteaux, soutenu par une cuisine bio avec Franck Reynaud aux fourneaux. Ce dernier ne quitte pas pour autant ceux de l’Hostellerie du Pas de l’Ours.

Les habitués de la région se disent effectivement que Séverine Bestenheider et son mari Franck Reynaud s’occupent déjà depuis 25 ans de l’Hostellerie du Pas de l’Ours… «C’est vrai qu’il s’agit d’un pari un petit peu fou», s’amuse Séverine qui souligne le plaisir qu’elle connaît à s’investir dans l’Aïda et le Pas de l’Ours où elle a débuté. «Ma famille était déjà dans le domaine, mais personne ne m’a obligée à reprendre le Pas de l’Ours. Je l’ai choisi ! Mes parents ont laissé mûrir cette décision…»
Sertis dans un écrin de boiserie ancienne, les lieux n’ont pas toujours eu la splendeur actuelle. «L’hôtel a été construit en 1912. Durant quelques années, il était à l’abandon. Puis au milieu des années nonante, mon père l’a racheté. Je me souviens d’une rénovation incroyable. Toute la façade nord avait été démontée et chaque pièce numérotée. Mon père est un véritable amoureux du vieux bois et d’ailleurs nous avons nos propres menuisiers. Au final, nous avons respecté l’endroit et nous avons quelque chose de vrai.»
Contemporain et authentique
Sur l’établi, l’ouvrage a sans cesse été affiné. «Nous avons aujourd’hui une quinzaine de suites. Et, lorsque nous fermons au printemps ou en automne, nous pouvons faire évoluer le mobilier, la décoration. Je tiens à ce que ce soit contemporain et authentique.» La pandémie n’a en aucune façon affecté l’enthousiasme que Séverine porte à son métier. «Je mets un point d’honneur à faire les choses avec le coeur, tout vient de là pour aimer ce que l’on fait.»

«Je mets un point d’honneur à faire les choses avec le cœur.»
Elle adhère totalement aux propos de Sandra Rouiller (lire ci-contre) concernant l’Éden valaisan. «Ce paradis, il faut savoir le partager ! Nous bénéficions d’une situation incroyable. Nous avons tellement de choses et c’est à nous de les proposer judicieusement.»
Séverine Bestenheider privilégie par ailleurs le contact direct. «Mon mari propose des balades gastronomiques où il part en montage avec un groupe cueillir des herbes qui seront ensuite dégustées. C’est une belle expérience humaine bien plus intense que ce qui se passe sur des écrans.» Dans son rythme, l’Hostellerie du Pas de l’Ours privilégie les réservations faites à l’avance et vit rarement sous le diktat du «last minute». «Nous soignons les petits détails, mon époux est comme moi quelqu’un de très pointilleux. Nous allons jusqu’au bout des choses pour réaliser exactement ce que nous voulons.»
Plus d’infos
www.pasdelours.ch et www.aida-castel.ch -
Sandra Rouiller : «Un feedback démentiel»
Voici un peu plus d’une année, Sandra Rouiller œuvrait dans l’immobilier. Les circonstances de la vie lui ont lancé le défi de fonder Beeheidi. Cette start-up propose depuis le printemps 2020 une découverte novatrice des Alpes par le biais d’activités uniques. Beeheidi doit son existence aux kangourous, aux myrtilles et aux bouquetins. Sandra Rouiller, fondatrice de cette société qui propose des expériences uniques dans les Alpes, confirme cette synthèse. «Avant, je travaillais dans l’immobilier où j’étais même experte aux examens. Puis, je suis partie explorer l’Australie en camping-car. Durant trois semaines, avec mon ami, nous dormions 4 heures par nuit pour ne pas en rater une miette. Lorsque je suis revenue en Suisse, je me suis sentie comme un oiseau en cage. J’avais une sécurité de première classe, mais plus le goût à la vie, cela n’allait plus.»

Sandra a réfléchi, elle s’est rappelé qu’elle était fortement suivie sur les réseaux sociaux lors de son voyage au pays des kangourous. «C’est là que je me suis aperçue que le bonheur que j’avais ressenti là-bas, il existait en Valais ! Il suffisait d’ouvrir les montagnes, de partager le paradis que nous avons ici !» Sandra ne tarit pas d’éloges lorsqu’elle parle du goût de la tarte aux myrtilles dans les cabanes d’altitude. Normal, n’est-elle pas aussi petite-fille d’alpiniste ? Durant le printemps 2019, elle commence à initier ce qui sera Beeheidi. Elle persuade progressivement son compagnon, Stéphane Berclaz, d’entamer avec elle cette aventure. Sandra ne tient plus entre quatre murs, son employeur d’alors se sépare d’elle en juin. «Cela a été le déclencheur, il m’indiquait que je devais aller dans cette nouvelle direction.»
Consommation et prise de conscience
Depuis Loc, la jeune start-up imagine des excursions adaptées à sa clientèle, des découvertes alpines passionnées. «L’actualité nous offre une prise de conscience sur notre manière de consommer et nous force à remettre au centre des valeurs simples. Il est temps pour nous de sublimer la nature qui se trouve à notre portée de main et le lancement de Beeheidi arrive à ce moment clé», rédige Sandra dans la brochure de présentation qu’elle a soignée, comme son identité graphique, des mois durant du côté du Techno-Pôle à Sierre.

«Le bonheur que j’avais ressenti en Australie existait en Valais !»
Au printemps 2020, Beeheidi prospecte et reçoit ses premiers retours. «J’ai eu une équipe de foot qui souhaitait une initiation trail plutôt que de courir autour d’un terrain. Les joueurs ont été avec mon équipe de coureurs pendant que je me suis occupée de montrer la région et surtout les buvettes aux coachs. Nous avons aussi préparé en août une journée Trail-Trek Gourmand avec Slow Travel Food.» Auparavant et par prudence, Sandra Rouiller a testé ses offres sur des connaissances. Et ? «J’ai eu un feedback démentiel !», dit-elle, épanouie par son défi.
Plus d’infos
www.beeheidi.ch