Tout feu tout flamme
Tout feu tout flamme
Adolescent, David Vocat coursait les camions de pompiers avec son vélomoteur. Aujourd’hui commandant du Centre de Secours Incendie de Crans-Montana, il occupe un poste clé au sein de la sécurité de la destination, même s’il préfère mettre en avant le travail d’équipe dans la réussite de sa mission.
Le CSI de Crans-Montana couvre une vaste région parfois difficile d’accès et confrontée à des difficultés d’approvisionnement en eau. Comment y remédiez-vous ?
Nous avons recensé tous les points d’eau existant sur le territoire sur la plateforme VSGIS (portail interactif d’information géographique des communes du Valais). En cas de besoin, CMA nous permet de recourir aux points d’alimentation des canons à neige. L’Association forestière de la Noble Contrée facilite l’engagement d’un hélicoptère en nous faisant bénéficier de la première heure de vol à sa charge. Nous gagnons ainsi un temps précieux pour combattre le feu dès son départ.
Quelles mesures avez-vous prises pour faire face au danger d’incendie très marqué durant la saison estivale ?
Nous avons intensifié la coordination entre les corps de pompiers du district afin d’agir de manière généralisée. Nous avons acquis en commun pour environ 100 000 francs de matériel et d’équipements davantage adaptés à la lutte contre les feux de forêt. À titre préventif, nous avons fermé les places de pique-nique et instauré des patrouilles de surveillance, limitées cette année aux week-ends sur nos trois communes.
Crans-Montana accueille de nombreux événements d’envergure tout au long de l’année. Comment garantissez-vous la sécurité des résidents et des hôtes de la destination ?
Les pompiers constituent un maillon de la chaîne de secours qui comprend une multitude d’intervenants (first responders, police, ambulanciers, etc.). Tous participent au bon fonctionnement du dispositif mis en place englobant encore des caméras de surveillance et l’appui des services techniques.
Votre travail évolue sans cesse. Dans quelle direction ?
Il a tendance à se professionnaliser en raison d’une baisse de mobilisation. Il y a cinq ans, le CSI de Crans-Montana comptait encore 180 pompiers, il n’en dénombre plus que 82, dont 80 sont volontaires. Pour les entreprises, c’est compliqué de libérer un collaborateur lors d’une intervention autre qu’un incendie qui ne représente même pas 10 % des 250 interventions annuelles que nous réalisons.
Le feu, le plus grand ennemi d’un pompier ?
L’eau est plus dévastatrice ! Mais tout ce qui peut être effectué en amont pour prévenir les incendies est essentiel.
-
UNE PASSION
Je suis passionné par le métier depuis l’âge de 14 ans. Mon grand-père a sauvé une jeune fille d’un incendie survenu dans un chalet. La rencontre avec Martial Tapparel, un officier du CSI de Crans-Montana, m’a convaincu de m’engager. À 18 ans, je suis devenu pompier volontaire. En 2009, l’ACCM m’a engagé comme permanent. En 2015, j’ai été nommé commandant.
-
DES ÉMOTIONS
Étant de la région, je dois parfois porter secours à des personnes qui m’ont vu grandir, cela me touche. La montagne, la nature me permettent de me ressourcer. J’ai passé de nombreuses soirées avec mon père et mon oncle à la lumière apaisante d’une lampe à pétrole dans mon mayen de Courtavey, en dessous de Plumachit. J’aime y aller aussi avec des amis.
-
DE L’ENGAGEMENT
Après mon apprentissage d’électricien radio-TV à Crans-Montana, j’ai fait mon école de recrues. Ensuite, je suis parti trois mois aux États-Unis comme jeune homme au pair. À mon retour, j’ai ouvert un magasin d’audiovisuel à Sion. Il a été une partie importante de ma vie durant onze ans et existe toujours. Mais être pompier, c’est quelque chose que tu as en toi !
Légende photo : David Vocat © Luciano Miglionico