La seule à connaître son futur métier
La seule à connaître son futur métier
Stéphanie Bonvin a façonné la Bibliothèque de Crans-Montana à son image. Un lieu qui permet d’étancher les soifs de curiosités. Pour les quarante ans de l’institution, rencontre avec une gourmande de contacts qui a su petite qu’elle était destinée à ce métier.
On ne dit presque plus « bibliothèque », mais plutôt « médiathèque ». Parle-t-on toujours de « bibliothécaire » ?
Non, le terme exact est « spécialiste en information documentaire ». Je préfère nettement « bibliothécaire » (rires). C’est ma cousine qui m’a en premier fait découvrir la Bibliothèque de Crans-Montana. Ensuite, j’y venais tous les samedis avec mon papa. Cela m’a donné envie. Au collège, j’étais la seule dans ma classe à connaître mon futur métier. Et cela fait 24 ans que je suis ici, à Crans-Montana.
La notion même de bibliothèque a-t-elle beaucoup évolué ?
L’informatique a facilité les prêts et surtout l’accès à la recherche d’informations. Nous sommes très utiles pour aider les gens à se retrouver dans cette masse. Surtout, la bibliothèque a renforcé la notion de troisième lieu. Il y a le travail, la maison et nous, où l’ambiance est plus… silencieuse. D’emblée, j’ai favorisé la rencontre dans un espace accueillant en organisant des ateliers ou de l’autoformation. Et il y a les expositions, même si cela a très mal commencé. En 1998, j’en avais monté une sur le golf durant la période de l’Open. Je n’avais pas pensé que le quartier allait être envahi par cet événement et que le parking serait fermé. Cela a été un véritable flop !
Depuis, vous vous êtes bien rattrapée ! Et cela continue avec les quarante ans que vous célébrez cette année…
Oui, nous privilégions les liens avec la station. S’il y a des manifestations autour de la magie, du sport, du cirque ou du scoutisme, vous retrouverez ces thématiques mises en valeur chez nous. Lors des premiers Caprices, nous achetions les CD de tous les groupes qui venaient. Pour les quarante ans, c’est le théâtre qui sert de fil rouge durant toute l’année parce qu’il offre plein de possibilités : des impros, des marionnettes, de la lecture, de la fiction radio…
Cela ne peut que pérenniser votre public…
Nous avons des fidèles qui nous fréquentent depuis des décennies. Ils connaissent les prénoms de mes enfants, ils nous saluent dans la rue. Quand ils viennent à la bibliothèque, ils s’arrêtent à l’accueil pour nous demander si nous avons « quelque chose » pour eux. Ils apprécient de voir les mêmes têtes au sein de notre équipe. Enfin, je devrais plutôt dire « elles » que « ils », car nous avons plus de lectrices que de lecteurs!
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UNE PASSION POUR LES ÉPICES
Le mortier sert à écraser les épices et j’en suis passionnée. J’ai monté une exposition didactique avec une centaine d’entre elles. Elle a tourné dans plein d’autres bibliothèques. Je fais mes propres mélanges que je vends surtout pour faire partager ce plaisir !
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UNE BÉNÉVOLE IMPLIQUÉE
Ce bricolage a été réalisé avec un vieux livre. C’est une des activités que je mène dans mes implications au sein de la vie associative. Avec bien d’autres bénévoles, nous mettons sur pied le carnaval des enfants, le passeport vacances, la patronale du village, etc.
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UNE MÈRE
J’ai reçu cette statue lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant. Elle est dans notre chambre et, pour moi, elle représente la famille qui est la chose la plus essentielle à mes yeux. Je pourrais presque dire que tout ce que je fais à la bibliothèque, je le réalise en pensant à mes enfants.