Un premier pas vers le monde du travail

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Hors murs

Un premier pas vers le monde du travail

À l’occasion de la journée « Futur en tous genres », les élèves de 8H ont suivi une personne de leur entourage sur son lieu de travail. Deux d’entre eux partagent leurs impressions sur cette expérience riche en découvertes.

Erin et Isaac ne s’attendaient pas à vivre une journée aussi intense le 9 novembre dernier. Chacun s’est retrouvé propulsé dans le quotidien professionnel d’adultes qu’ils côtoient de près ou de loin. En suivant son père dans ses tâches de fontainier de la Commune de Crans-Montana, Erin a découvert une activité exigeant des connaissances pointues et impliquant une lourde responsabilité. Elle a ainsi fait la tournée de six réservoirs, en voiture, en quad et à pied, avant d’aller purger des conduites d’eau à Randogne. « Je comprends mieux pourquoi mon père est fatigué quand il rentre à la maison. Ce soir-là, je me suis effondrée sur mon lit à 20 h », dit-elle en riant.

De son côté, Isaac a pu se frotter aux techniques de la photographie animalière en compagnie de la spécialiste Isabelle Germanier, qui l’a emmené au Bois de Finges et au barrage de la Grande-Dixence. Tenue de camouflage, construction d’un affût naturel, installation d’un piège-photo, observation des crottes, longue attente caché dans le feuillage… « Il faut être super-patient et avoir un bon physique, mais c’est passionnant », résume-t-il. Lui aussi a été impressionné par les connaissances que demande ce métier et qui touchent aussi bien la vie des animaux sauvages que le fonctionnement d’appareils sophistiqués.

« ET DIRE QU’ILS FONT ÇA TOUS LES JOURS… »

Les deux jeunes âgés de 12 ans sont convaincus des bénéfices d’une telle journée. Certes, Erin ne sera pas fontainière (« depuis petite, je veux être styliste ! »), mais elle est devenue incollable sur les techniques de filtration d’eau et sait enfin ce que son père fait au travail. Quant à Isaac, il a confirmé son intérêt pour la photographie animalière. « Ce sera mon métier, c’est sûr. » Tous les deux ont été marqués par l’investissement des professionnels qu’ils ont suivis. « Et dire qu’ils font ça tous les jours… C’est fou ! »

Légende photo: Erin Savioz a suivi son père fontainier, tandis qu'Isaac Jeannerat a accompagné une photographe animalière. ©DR

Une autre vision de l’école

La journée nationale « Futur en tous genres » vise à sensibiliser les élèves au libre choix professionnel et à la diversité des parcours de vie. Le concept encourage la découverte de métiers atypiques, qui sortent des représentations traditionnelles liées au genre. Mais comme les témoignages d’Erin et Isaac le montrent, cette journée offre avant tout l’occasion de se confronter à l’univers du travail, trois ans avant la fin de la scolarité obligatoire. Selon Valérie Vocat, enseignante au Centre scolaire de Randogne, l’expérience donne indirectement de la valeur à l’école. « Ils découvrent le “ vrai ” monde, celui pour lequel on les prépare. Ils réalisent que les métiers nécessitent un savoir et que l’apprentissage scolaire n’est pas si abstrait, qu’il est même utile. De plus, une telle journée donne la possibilité de vérifier si un métier plaît ou pas, sans pression. »



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