Dans les coulisses de la Fondation Opale

Dans les coulisses de la Fondation Opale

Des goûts et des cultures

Dans les coulisses de la Fondation Opale

Depuis mars 2026, Christophe de Rham est le nouveau directeur opérationnel de la Fondation Opale, à Lens. Issu des domaines de l’hôtellerie et de la culture, il prend en charge le fonctionnement du centre d’art avec une ambition claire : renforcer son ancrage local et fidéliser les visiteurs.

Si les coulisses de la Fondation Opale devaient avoir un visage, ce serait le sien. Christophe de Rham est devenu en mars 2026 directeur opérationnel du centre d’art de Lens. Une nouvelle fonction qui vient compléter la direction artistique – assurée par Samuel Gross – et dessine désormais une gouvernance à deux têtes, avec la volonté de faire vivre ce lieu au-delà des expositions. Son domaine à lui n’est pas artistique. Gestion des ressources humaines, finances, développement commercial, technique du bâtiment, organisation des événements : le directeur opérationnel veille à tout ce qui permet au centre d’art de fonctionner au quotidien. «C’est comme gérer un bel hôtel», résume-t-il.

Le parcours de Christophe de Rham explique sa manière d’envisager son nouveau rôle. Originaire du canton de Vaud, ce diplômé de l’École hôtelière de Lausanne vient du monde de l’hospitalité. Hôtellerie, événementiel, tourisme, puis muséologie au Fort de Chillon… Autant d’expériences qui l’ont progressivement conduit jusqu’à Lens.

L’art aborigène australien lui était pourtant peu familier lorsqu’il a rejoint la Fondation. «J’ai trouvé passionnant de découvrir cet art plusieurs fois millénaire», confie-t-il, en s’émerveillant d’oeuvres riches en couleurs, profondément liées au territoire et aux récits de ses peuples.

FAIRE REVENIR LES VISITEURS

Les premiers mois de Christophe de Rham ont surtout été consacrés à l’écoute. «Ma première action a été de rencontrer l’équipe pour recueillir les préoccupations de chacun, leurs besoins, leurs demandes», explique-t-il. L’arrivée du nouveau directeur opérationnel n’a d’ailleurs entraîné aucun renouvellement du personnel. Une quinzaine d’employés font vivre le centre d’art, auxquels s’ajoutent ponctuellement des intervenants extérieurs lors des montages d’expositions. Bérengère Primat demeure quant à elle présidente de la Fondation Opale et le conseil d’administration reste inchangé.

Aujourd’hui, une priorité se dessine : développer la fréquentation, et surtout donner envie aux visiteurs de revenir. «Et pour cela, il faut élargir l’éventail des possibilités», avance Christophe de Rham. Concerts, tables rondes, visites insolites, projets  intergénérationnels : l’exposition doit constituer un point de départ à des propositions variées.

UN LIEU OUVERT

Le directeur opérationnel voit d’un bon œil l’ancrage de la Fondation Opale dans la vie locale. L’auditorium accueille déjà des sociétés de la région, et parfois des concerts, des conférences ou des projections cinématographiques. Le restaurant participe également à cette dynamique, tout comme la bibliothèque. Actuellement réservée à des usages spécifiques, elle pourrait être davantage accessible au public à partir de 2027.

«Les expositions pourraient aussi dialoguer avec des artistes occidentaux, suisses ou valaisans», imagine le Vaudois. Un concert du pianiste Loris Mittaz est d’ailleurs envisagé prochainement.

UNE MAISON PLEINE D’ÉNERGIE

Ce qui plaît finalement le plus à Christophe de Rham dans cette fonction ? La diversité. «Je me réveille le matin avec ma to do list, mais c’est rare que je la suive !», sourit-il. Le quinquagénaire aime travailler avec les autres, accueillir les visiteurs et faire en sorte qu’ils se sentent bien.

Il mesure aussi la chance que représente, pour la région, la présence d’un tel centre d’art. «C’est magnifique d’avoir ici un lieu culturel de cette qualité. Et qu’il soit établi à Lens représente un véritable cadeau.»

Encouragé par son expérience et ses idées, Christophe de Rham entend donc faire de la Fondation Opale un espace de rencontres, de découvertes et de partage, ouvert à tous. «On voit parfois l’art contemporain ou aborigène comme quelque chose d’élitiste. Il faut casser cela, car l’art est ouvert à tout le monde.» Une conviction qui pourrait bien guider les prochaines années du centre d’art.

Légende photo : Une nouvelle équipe à la Fondation Opale pour renforcer son ancrage local et fidéliser les visiteurs © Lucianon Miglionico

  1. Peintures du désert
    Peintures du désert

    Peindre pour raconter et défendre une terre : l’art du peuple Spinifex sera mis à l’honneur lors de la prochaine exposition, dès le 13 décembre prochain. Plus de 60 oeuvres témoigneront de la résilience de ce peuple aborigène, entre récits ancestraux et création contemporaine.

  2. Visages de notre terre
    Visages de notre terre

    La Biennale de Crans-Montana et la Fondation Opale ont invité les Valaisans à participer à une grande série de portraits réalisée par Yann Arthus-Bertrand. Début octobre, près de 150 groupes ont participé à cette oeuvre collective, qui sera en partie exposée et publiée en 2027.

  3. Une bonne table au musée
    Une bonne table au musée

    Intégré à la Fondation Opale, le restaurant séduit par sa terrasse au bord du lac du Louché. La clientèle, nombreuse, apprécie les plats de la cheffe Isabelle. «C’est une vraie plus-value pour un musée, où les restaurants restent rares», relève Christophe de Rham.

Yann Arthus-Bertrand était à Crans-Montana à mi-octobre 2026

Il a tiré le portrait de nombreux habitants du vieux pays. Pierre-Armand Dussex a voulu savoir pourquoi.



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