Un policier à l’école au service de la paix
Un policier à l’école au service de la paix
Depuis un an, le centre scolaire de Crans-Montana et les écoles des villages peuvent compter sur un nouveau collaborateur : le sergent Juan Perni, de la police intercommunale de Crans-Montana. Membre de l’unité de proximité, spécialisé dans la gestion des situations de crise, le policier agit en amont pour désamorcer les conflits.
La mission du sergent Perni est claire : elle ne porte pas sur la répression, mais sur la prévention. L’agent intervient également hors du cadre scolaire à la demande de la direction, des enseignants, des parents ou même des élèves eux-mêmes. «Il œuvre en tant que proximier, insiste la directrice du centre scolaire, Stéphanie Mendicino. Ce nouveau service nous est proposé par la police intercommunale de Crans-Montana qui est la seule en Valais à le faire. Nous pouvons le solliciter à tout moment.»
Concrètement, le sergent Perni est venu en septembre dernier dans chaque classe de 9CO pour parler des dérives auxquelles peuvent être confrontés les adolescents : le harcèlement, la violence verbale et physique, l’alcool, la drogue. Il a aussi rencontré enseignants et parents d’élèves. À tous, il a présenté «Le Petit Mémo», un fascicule résumant les lois en vigueur sur ces différents sujets. Cette prévention est essentielle aux yeux de l’agent de proximité : «Il faut être le plus clair et précoce possible pour éviter des situations de crise terribles, pouvant durer des années», explique le sergent Perni, fort d’une solide expérience.
Ses interventions en milieu scolaire visent à protéger les droits de chacun et rappeler les devoirs, à travers la prise de renseignements, le dialogue, et l’orientation éventuelle vers d’autres acteurs, par exemple le personnel médical. La confidentialité est de mise et favorise la confiance. «Tant qu’il y a une chance d’évolution favorable, je continue d’accompagner les personnes, autrement, les éléments recueillis peuvent être transmis au tribunal pénal.» Heureusement, la simple intervention du sergent Perni suffit bien souvent à apaiser les tensions, comme dans le cas du harcèlement.
Légende photo : Le sergent Juan Perni crée des ponts avec tous les acteurs de l’école comme, ici, avec la directrice Stéphanie Mendicino. La communication est cruciale pour obtenir de bons résultats. © Luciano Miglionico
Sur les réseaux, une violence insidieuse
La direction des écoles et le sergent Perni sont unanimes : ces dernières années, ils n’observent pas de hausse de la violence chez les jeunes, mais celle-ci prend des formes différentes. « Il s’agit moins d’une violence physique que verbale, constate Stéphanie Mendicino. Elle peut être très virulente et faire des dégâts. Elle est souvent véhiculée par les réseaux sociaux, et entraîne un mal-être chez nos jeunes, ainsi que des difficultés de concentration durant les cours. »
La directrice du centre scolaire se dit très satisfaite de la collaboration avec le policier de proximité. «Nous avons tissé des liens forts et porteurs pour notre jeunesse. Sa présence peut avoir plus de poids que celle des enseignants auprès des parents. Avec le même intérêt : celui des jeunes, et le bien de tous.»