La force des secours : un réseau de partenaires solidaires

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La force des secours : un réseau de partenaires solidaires

Lors d’une situation d’urgence, le sens de l’anticipation, une organisation efficace et une bonne collaboration entre les intervenants font la différence pour gérer l’impensable. Crans-Montana en a fait la cruelle expérience le 1er janvier 2026. En première ligne, les professionnels et les miliciens de la chaîne des secours sanitaires ont accompli un travail hors norme.

Responsable communication de l’Association des communes de Crans-Montana, Lara Rey est aussi une milicienne des secours. Cela fait douze ans qu’elle est samaritaine, neuf ans qu’elle est rattachée au détachement poste médical avancé (DPMA) de l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) et six ans au poste de commandement sanitaire de ce dernier. Le 1er janvier, très tôt, elle arrive sur les lieux de l’incendie dévastateur du Constellation. Les secours se mettent en place rapidement. Face à l’urgence de la situation, le poste médical avancé (PMA) est  mobilisé.

Dès 2h30, le Sports Center de la Moubra est transformé en hôpital d’urgence. En raison de sa large palette de compétences, Lara tient également le journal de l’intervention. Une fonction essentielle pour dresser le suivi immédiat, puis déterminer le bilan des moyens humains et matériels engagés.

DES EXERCICES SALVATEURS

L’efficacité des équipes ayant opéré durant cette tragique nuit du Nouvel-An doit énormément aux exercices réalisés entre intervenants professionnels et volontaires. Le dernier entraînement grandeur nature auquel Lara Rey a participé est celui organisé annuellement par l’École des ambulanciers de Berne et qui s’est déroulé en septembre à Crans-Montana !

Son scénario catastrophe, très réaliste dans sa mise en scène, portait sur 50 patients, dont une douzaine de catégorie rouge, état le plus grave. Des maquillages saisissants reproduisant des blessures importantes, telles que des brûlures, visaient à intégrer les gestes qui sauvent et tester les procédures d’intervention.

Ironie du sort, ce scénario était considéré comme peu probable… On connaît la suite : au dernier bilan connu, 40 personnes ont perdu la vie lors de l’incendie du Constellation et 116 ont été blessées, la plupart grièvement. Il n’empêche que l’exercice Medi 25 a été très utile aux secouristes. «On savait exactement quel était le meilleur emplacement pour installer le PMA : au Sports Center», relève à titre d’exemple Lara.

ET APRÈS ?

Comment la jeune secouriste volontaire a-t-elle géré les jours qui ont suivi ? «J’ai refait à pied le chemin effectué la nuit du drame : du Scandia où je m’étais garée jusqu’au site. Et je suis aussi allée remercier le panneau de signalisation que je fixais par moment lors de l’intervention pour me raccrocher à la réalité.»

Lara, dont la gestion émotionnelle impressionne, confie avoir beaucoup pleuré. «La messe et la marche silencieuse du 4 janvier, à Crans-Montana, puis la cérémonie de deuil national le 9, à Martigny, ont eu des effets apaisants. Ces moments de partage ont donné du sens à ce que l’on avait fait pour les victimes et leurs familles.»

Le rôle Central de l'OCVS

Pilier de la chaîne des secours, l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) est chargée du pilotage des secours sanitaires préhospitaliers dans le canton. Elle gère les appels au 144, les intervenants et les dispositifs nécessaires à toute urgence médicale, 24h/24 et 7j/7. Ses missions principales consistent à :

Assurer la prise en charge des appels d’urgence sanitaire via la centrale 144.
Organiser l’engagement des moyens de secours (professionnels et miliciens).
Adapter les dispositifs de secours selon l’évolution des besoins sanitaires.
Veiller à la qualité des prestations fournies et informer la population.
Coordonner les interventions en lien avec d’autres services d’urgence (pompiers, police, secours spécialisés,  etc.).

Selon le degré de l’alerte, sont mobilisés des ambulances, des équipes médicales, des secouristes volontaires ou encore des hélicoptères. Au besoin, des dispositifs renforcés sont activés. Le dispositif des événements sanitaires majeurs (DESM) est ainsi prévu pour faire face à des situations exceptionnelles, notamment lorsque de nombreux blessés sont à déplorer.

Cela a bien sûr été le cas le 1er janvier dernier à Crans-Montana où la gravité de la situation a nécessité le déploiement de trois détachements postes médicaux avancés (DPMA) : ceux du  Valais romand et du Haut-Valais et, en renfort, un véhicule de soutien sanitaire (VSS) du canton de Vaud.

Professionnels ou miliciens, pompiers, policiers, ambulanciers, médecins, infirmiers, samaritains, first responders ont travaillé ensemble dès l’alerte lancée. Au total, l’OCVS a engagé 13 hélicoptères, 42 ambulances et fait appel à plus de 200  intervenants sanitaires et 50 psychologues d’urgence.

Missions clés du DPMA du Valais Romand

Le détachement poste médical avancé (DPMA) du Valais romand regroupe des professionnels : médecins, ambulanciers, infirmiers, assistants en soins et santé communautaire (ASSC), ainsi que des samaritains. Il compte un poste de commandement sanitaire qui intervient sur le terrain, au plus proche du site de l’événement. Il dispose de moyens matériels, dont un véhicule de soutien  sanitaire doté du matériel médical pour la prise en charge de 15 blessés très graves, 30 graves ou 60 légers. Le DPMA remplit trois missions principales :

 

Prodiguer les premiers soins aux victimes au sein d’un poste médical avancé.
Exemple d’intervention : incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana le 1er janvier 2026.
Offrir un soutien sanitaire opérationnel aux forces de secours mobilisés sur une intervention d’importance.
Exemple d’intervention : incendie au centre de compostage de Pra Bardy à Sion le 31 juillet 2025.
Assurer la communication et la traçabilité des moyens engagés et des victimes.
Exemple d’intervention : incendie dans une halle industrielle à Vétroz le 6 juillet 2023.

 

À Crans-Montana, le poste de commandement sanitaire du DPMA a coordonné le dispatching des blessés afin d’éviter de reporter dans les hôpitaux l’inévitable chaos survenant dans les premiers moments de toute catastrophe – le temps que les secours s’organisent.

Un premier tri des victimes a été effectué sur le site de l’incendie, un second a eu lieu au poste médical avancé (PMA) du Sports Center où ont été prodigués les soins d’urgence.

Plus d'infos : ocvs.ch

AVEC LES SAINT-BERNARDS DES PISTES

Leur profession est encore méconnue, pourtant les patrouilleurs jouent un rôle important dans l’accueil des skieurs. Tour du domaine skiable de Crans-Montana avec Christophe Bonvin, chef de secteur, et ses collègues.

Tous les domaines skiables de Suisse doivent être dotés d’un service des pistes homologué pour répondre aux situations d’urgence. Une vingtaine de patrouilleurs assurent donc la sécurité sur le domaine skiable de Crans-Montana. Répartis sur trois secteurs, ils garantissent l’évacuation des personnes en cas d’accident, grave ou moins grave.

Formés aux premiers secours, ils sont en mesure de procéder aux immobilisations des blessures courantes. Ils doivent également effectuer les évacuations avec leur luge et, souvent, préparer la suite du trajet, en ambulance ou en hélicoptère, vers les centres médicaux de la station ou vers un hôpital de la région. Avec les autres intervenants (ambulanciers, médecins, pilotes, etc.), ils constituent une chaîne professionnelle des secours, au service des usagers des pistes.

En plus de ces missions médicales, les patrouilleurs sécurisent l’ensemble du domaine skiable. Ils entretiennent le balisage, signalent et protègent les obstacles à l’aide de filets ou de matelas. Ceux qui détiennent des permis spéciaux autorisant l’usage d’explosifs réalisent aussi les déclenchements préventifs des avalanches.

 



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