Les généralistes, des praticiens indispensables

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Les généralistes, des praticiens indispensables

Créer un congrès médical destiné aux médecins généralistes, telle était l’ambition des médecins-chefs des quatre cliniques de Crans-Montana en 1986. Quarante ans plus tard, le succès de Quadrimed ne se dément pas.

L'objectif de l’association Quadrimed est resté le même au fil des ans : proposer un congrès différent, tourné non pas vers la  médecine de pointe, mais vers la pratique quotidienne de premier recours. «En plus d’un programme de formation postgraduée et continue adapté, le congrès se veut une plate-forme d’échanges entre collègues, mais aussi avec la pharma, la medtech, les divers réseaux et ligues de santé», précise le Dr Jean-Marie Schnyder, président de l’édition 2026.

Le premier congrès, lancé deux ans après la création de l’association Quadrimed, traite de «La pneumologie du praticien» et réunit une petite centaine de médecins. Une fréquentation qui augmentera progressivement jusqu’à atteindre 1500 participants. «Depuis l’annulation de l’édition 2021 en raison du Covid-19, le chiffre s’est stabilisé à 1300 environ», note Jean-Marie Schnyder.

Le programme des congrès évolue au rythme des nouvelles disciplines et traitements qui peuvent intéresser les généralistes, comme par exemple « la médecine psychosomatique, qui  n’existait pas il y a quarante ans, et qui traite notamment le burn-out, la dépression ou le trouble de l’adaptation», illustre le  président de Quadrimed.

QUESTIONS CONCRÈTES

Les médecins-chefs, au nombre de trois depuis la fermeture du Centre valaisan de pneumologie, ont toujours œuvré bénévolement et sur leur temps libre pour mettre sur pied les congrès. En quarante ans, aucun n’a fait défection. Médecin-chef de la Clinique lucernoise, devenu en janvier 2026 directeur médical des cliniques lucernoise et bernoise, Jean-Marie Schnyder est entré dans la ronde il y a onze ans. Parmi les récentes  évolutions qui marquent le contenu des congrès et la pratique des généralistes, il relève l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle (IA) et les attentes toujours plus grandes des patients.

«Le thème du congrès est choisi par le médecin-chef de clinique qui préside l’année en cours, appuyé par les médecins du comité d’organisation, eux aussi bénévoles. Tous activent leurs réseaux pour solliciter des intervenants», explique Jean-Marie Schnyder.  En 2022, Quadrimed s’est penché sur «Les petites bêtes qui nous guettent», comme les bactéries, les virus et les zoonoses. En 2023, il a traité du gain de la digitalisation. Du 22 au 24 janvier dernier, plus d’une septantaine d’experts se sont exprimés sur «Le regard clinique». 

Avec ce thème, je voulais remettre le métier de médecin au centre, redonner de l’importance à ce qui définit profondément notre pratique, comme l’observation attentive, la palpation, l’écoute avec bienveillance, la compréhension en profondeur de la personne derrière la maladie »,

relève le président de Quadrimed.

Les conférences, séminaires et autres workshops abordent des questions très concrètes, directement utiles pour le médecin de premier recours. Comment interpréter un bilan sanguin ? Comment aborder la santé sexuelle ? Comment prendre en charge un patient constipé ? Comment évaluer une dépression ? Comment utiliser l’IA générative pour faciliter notre travail et mieux soigner nos patients ? Ou encore l’addiction aux écrans chez les jeunes ou le burn-out des soignants.

EN ROUTE POUR 2027

Quadrimed est un outil de formation, mais aussi un moyen de faire rayonner les prestations des cliniques de réadaptation auprès des médecins généralistes venus de toute la Suisse. « Les trois établissements accueillent quelque 1700 patients valaisans par an et au moins le double en comptant ceux venus des autres  cantons. Après les soins prodigués, 85 à 90 % d’entre eux  retournent à leur domicile dans un état amélioré et stable », constate Jean-Marie Schnyder. L’impact économique des cliniques n’est pas négligeable. Elles offrent quelque 500 postes de travail et font travailler nombre d’entreprises locales. Les patients séjournent en moyenne trois semaines et drainent des visiteurs qui, au même titre que les participants et intervenants à Quadrimed, représentent un apport touristique important.

La formule du congrès pourrait-elle changer avec la reprise de l’exploitation de la Clinique lucernoise par la bernoise en 2026 ? « Il est trop tôt pour le dire », répond Jean-Marie Schnyder, qui  indique que, pour l’heure, aucun changement n’est prévu pour les éditions 2027 et 2028. 

  1. Des thèmes actuels ont été abordés comme avec Simon Fluri qui a parlé de l’addiction aux écrans chez les jeunes.

  2. Le congrès est bilingue français-allemand, avec traduction simultanée.

  3. La dermatologue Aude Rimella a rejoint un centre médical de Crans-Montana en 2024.

Légende photo : Le Dr Jean-Marie Schnyder a présidé l’édition 2026 de Quadrimed sur le thème « Le regard clinique » avec l’objectif de placer le métier de médecin au centre. © Luciano Miglionico

UNE OFFRE ET DES POSSIBILITÉS QUI SÉDUISENT HORS CANTON

En 2024, après plus de dix ans d’activité à La Tour-de-Peilz, la dermatologue Aude Rimella a posé ses valises à Lens et rejoint un centre médical à Crans-Montana. « Avec mon mari et nos trois enfants, nous venions depuis plusieurs années passer la saison d’hiver dans la station. La région nous a beaucoup plu et nous a donné envie de nous projeter ici », explique-t-elle. Les premiers mois sont très intenses : elle doit assurer la gestion administrative des dossiers de quelque 10 000 patients de son ancien cabinet tout en menant les démarches nécessaires pour exercer en Valais. « J’ai pu m’entretenir rapidement et directement avec le Service cantonal de la santé publique, qui m’a très bien conseillée et accompagnée. »

Aujourd’hui, la dermatologue se félicite de son choix : « Ma patientèle est variée et l’activité soutenue. L’offre médicale de la station me paraît solide et d’après les retours que je reçois, elle est appréciée, ce qui est essentiel dans une région à la fois touristique et résidentielle. » Sur le plan familial, « l’intégration s’est faite rapidement, portée par l’accueil chaleureux de la région ». De plus, « la nature et les nombreuses possibilités sportives font clairement partie de la qualité de vie que je recherchais ».

jeunesse et écrans : trouver le bon équilibre

La présence des écrans dans le quotidien des enfants et des adolescents ne cesse de s’intensifier. Cette augmentation du temps d’utilisation n’est pas sans conséquences. Lors de l’édition 2026 de Quadrimed, le Dr Simon Fluri a partagé avec ses confrères médecins une véritable boîte à outils destinée à identifier les usages problématiques au sein des familles.

Les effets négatifs d’une surconsommation sont aujourd’hui clairement établis chez les plus jeunes. Pourtant, la puissance addictive des algorithmes prend souvent le dessus sur la raison. Ce qui inquiète particulièrement le pédiatre, ce sont les répercussions d’un usage non maîtrisé sur les résultats scolaires et la capacité de concentration.

Le Dr Fluri insiste également sur le rôle déterminant des adultes : les comportements numériques des parents servent de modèle et sont fréquemment reproduits par les enfants. Montrer l’exemple est donc essentiel. Cela commence par une réflexion sur sa propre consommation des écrans, suivie d’un dialogue ouvert au sein de la famille. Des règles simples peuvent alors être instaurées, comme l’exclusion des écrans lors des repas partagés, dans les chambres à coucher ou avant le petit-déjeuner.

Pour se développer harmonieusement, le cerveau a besoin d’interactions réelles et de stimulations ancrées dans le monde concret. Délimiter clairement l’usage des outils numériques y compris sur le plan législatif est dès lors indispensable. Ainsi encadrés, les écrans peuvent aussi devenir des ressources positives et constructives.

 

Plus d’infos :  https://www.projuventute.ch/fr/parents/medias-et-internet/temps-ecran

 



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