À pleine vitesse vers les sommets
À pleine vitesse vers les sommets
Malorie Blanc, 22 ans, est désormais bien installée en Coupe du monde. Victorieuse à Crans-Montana en février, elle a enchaîné avec ses premiers Jeux olympiques. La skieuse d’Ayent est également ambassadrice des Mondiaux 2027, qu’elle vivra à domicile.
Pourquoi avoir accepté d’être ambassadrice des Championnats du monde 2027 ?
J’ai une relation de longue date avec Crans-Montana, station dans laquelle je me suis entraînée depuis toute petite. C’est un honneur pour moi de pouvoir représenter notre région et de contribuer à la promotion de ce grand rendez-vous. Participer à des championnats du monde à la maison est une opportunité incroyable. Cela ajoute certes un peu de pression, mais c’est surtout très motivant de pouvoir skier devant ses proches, sur une piste que l’on connaît bien.
Cette pression ne vous a pas empêchée de gagner votre première course de Coupe du monde en février dernier sur la piste du Mont Lachaux ?
J’ai réussi à la transformer en excitation, et elle m’a portée. Avant le départ, je savais que beaucoup de membres de mon fan-club étaient dans l’aire d’arrivée. Cette foule, cette effervescence m’ont tirée vers le haut.
En 2024, vous vous êtes blessée en Coupe d’Europe à Crans-Montana. Au moment de vous élancer en Coupe du monde cette année, avez-vous eu de l’appréhension ?
Non, pas du tout. Nous avons eu la chance de nous entraîner sur la piste une semaine avant les épreuves. C’est simplement au moment de passer au Trou du Renard que j’ai pensé à ma blessure. Finalement, ma relation avec la piste du Mont Lachaux est une belle histoire : je m’y suis blessée, mais j’y ai aussi gagné ma première course de Coupe du monde. Il n’y avait pas meilleur moyen de passer par-dessus cette mésaventure.
Cette blessure n’a pas freiné votre progression ?
Je m’en serais bien passée. Mais avec mon entourage, nous avons bien géré cet épisode de ma vie. Nous avons pris le temps de réfléchir à toutes les solutions avant mon opération. Si c’était à refaire, je ne changerais rien. Cette blessure est survenue à un moment où je skiais bien et j’ai pu avoir des réponses à mes questions. Nous avions eu deux courses dans la même journée, et je sais que je suis tombée parce que j’étais fatiguée. Cela m’a aidée à surmonter cette épreuve et j’ai beaucoup appris.
Quel bilan tirez-vous de vos premiers Jeux olympiques ?
C’est un privilège d’avoir pu y participer. La proximité entre la Suisse et l’Italie m’a permis de vivre cet événement hors norme en compagnie de quelques proches. L’ambiance n’est pas la même que sur le circuit Coupe du monde. À Cortina, nous avons pu aller deux fois au village. J’ai adoré échanger avec les sportifs d’autres disciplines. Au niveau des résultats, j’étais un peu déçue, surtout après la descente. Mais je me dis que je n’ai que 22 ans, que j’ai pris de l’expérience, et qu’il y aura d’autres Jeux olympiques. J’ai pu constater qu’être au rendez-vous le jour J fait monter le poids qui pèse sur les athlètes et, de ce fait, l’individualisme. L’équipe occupe moins d’importance que durant le reste de la saison.
Les JO, un rêve d’enfant ?
Non, parce que plus jeune, je ne me suis jamais projetée dans le haut niveau. Et lorsque je voyais Lara Gut, je me disais que c’était vraiment trop de stress. Mais j’aimais bien regarder les JO à la télé, pour découvrir des sports moins connus.
Il en a fallu enchaîner des sélections pour arriver en Coupe du monde ?
Ma progression a été très linéaire. Mais pour les jeunes en général, je trouve que les sélections sont rudes et qu’elles interviennent un peu trop tôt. Elles conditionnent les carrières dès 12 ans. Ce n’est pas drôle de dire au revoir aux copines d’entraînement qui ne sont pas retenues à la fin d’une saison. Tout cela engendre beaucoup de frustration, mais c’est avant tout une formidable école de vie.
Ambassadrice des Mondiaux 2027, mais également de la finale du Grand Prix Migros qui s’est déroulée sur le Haut-Plateau fin mars. C’est un peu le grand écart ?
J’ai participé à cet événement lorsque j’étais enfant. Je n’en garde que de bons souvenirs, alors je n’ai pas hésité à endosser ce rôle. Ces finales nous donnaient la possibilité d’aller courir pour la première fois en Suisse alémanique. Et il y avait le village avec toutes ses animations qui nous permettaient de nous amuser après la compétition.
Légende photo : Malorie Blanc © Deprez-Dubuis
Une grande et belle fête du ski
Pour la première fois, le ski alpin et le ski nordique étaient réunis dans la même station pour la finale d’un Grand-Prix Migros. Crans-Montana a parfaitement su relever ce défi. Retour sur quatre jours réussis, faits non seulement de résultats, mais également de sourires et de partages.
Du 26 au 29 mars, la finale du Grand-Prix Migros a réuni à Crans-Montana plus de 1200 jeunes, âgés de 7 à 16 ans. Quelle ambiance dans le stade d’arrivée des Barzettes lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, ainsi que lors des différentes remises des prix! Le bas de la piste du Mont Lachaux et de la Nationale, qui a vu passer tant de grands champions, s’est transformé en véritable colonie de vacances: bataille de boules de neige pour les uns, pizza ou burger party pour les autres.
Entre photos de groupe et chansons (c’était plutôt le domaine réservé des entraîneurs et des supporters), le partage était total. Car avant d’être des compétiteurs, les skieurs présents restent des enfants. « Des sourires, des rires… Une énergie incroyable s’est dégagée de ces quatre jours de fête. Tous ces jeunes ont ramené beaucoup de positivité sur le Haut-Plateau. Ça fait plaisir », commente Alessio Gioli, président du Ski-Club Crans-Montana depuis 2017, et président du comité d’organisation de la finale du Grand-Prix Migros 2026.
DES PROS BIEN REPRÉSENTÉS
Amassés au pied de l’estrade servant à honorer les meilleurs des nombreuses catégories au programme, chaque région et chaque ski team portaient fièrement ses couleurs et faisaient monter le volume sonore lorsque ses favoris étaient appelés. Le samedi, Mélanie Meillard et Malorie Blanc étaient présentes pour remettre les médailles et les prix.

Samedi, Mélanie Meillard et Malorie Blanc, assises au premier rang à gauche, ont remis les médailles aux lauréats de la journée. Leur bonne humeur durant la longue cérémonie protocolaire a été appréciée par les jeunes qui tentent de suivre leurs traces.
Les deux amies de l’équipe de Suisse en ont fini avec les épreuves de Coupe du monde, mais pas avec cette longue saison olympique: les championnats nationaux et des tests de matériel sont encore à venir. Elles ont tout de même trouvé le temps de venir faire un petit coucou à la nouvelle génération du ski helvétique. « Il n’y a pas si longtemps, c’est nous qui étions à leur place. Ça me rappelle trop de bons souvenirs », relevait Malorie Blanc après 1 h 40 de poignées de main, de checks, de photos et d’autographes.
La skieuse d’Ayent était sur la piste en 2015 (médaille d’argent), la dernière fois que le Grand-Prix Migros s’était déroulé à Crans-Montana. Et en 2016, elle avait remporté la finale du géant à Saint-Moritz. « Petite, je n’aimais déjà pas beaucoup perdre. Mais même si la course ne s’était pas bien passée, je savais qu’il y avait les jeux et les animations à l’arrivée. »
Les garçons de l’équipe de Suisse ont également bien joué le jeu. Alexis Monney et Ramon Zenhäusern étaient présents le vendredi. Luca Aerni, le local de l’étape, a participé à la journée du dimanche.
SIGNAL FORT POUR L’AVENIR
Cette année, le village a une nouvelle fois parfaitement rempli son rôle avec les animations de Swiss Ski, le stand de Crans-Montana 2027 et des différents fournisseurs de matériel de ski. Quant aux cantines, elles ont bien évidemment fait le plein. Avant cela, la partie sportive a également été une réussite. Malgré une météo quelque peu capricieuse, surtout le jeudi, les organisateurs ont pu proposer des tracés de qualité: la Nationale pour les alpins et Chetzeron pour les nordiques.

Après l’effort le réconfort. Les stands prévus dans l’aire d’arrivée des Barzettes ont permis aux parents de descendre en pression après une journée stressante.
« Le fait d’utiliser le site des courses de Coupe du monde et des Mondiaux 2027 pour les slaloms a été un des arguments qui a convaincu Swiss Ski de nous attribuer ces finales. Les retours sont tous très positifs. Cela a été une motivation et une fierté supplémentaire pour les participants de pouvoir se mesurer sur ces pentes mythiques », souligne Bruno Huggler, directeur de Crans-Montana Tourisme & Congrès. Grâce au soutien des remontées mécaniques de CMA, des billets journaliers ont pu être offerts aux participants, ainsi qu’à un accompagnant, le samedi et le dimanche. Pour les jours d’entraînement, CMA a également pratiqué une politique de prix très avantageuse.
Un chiffre pour terminer. En comptant les entraîneurs et les familles, chaque concurrent était accompagné en moyenne par 1,8 à 2 personnes lors de son séjour pour ces finales du Grand-Prix Migros. Comme les entraînements et les compétitions se sont étalés sur quatre jours, la majeure partie des compétiteurs et des encadrants sont restés dormir sur place, soit plus de 3000 personnes, logées dans les hôtels ou les appartements de la région.